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Lettres de Roanne – avril / octobre 2016

Extrait d’une lettre du 1er septembre

Lors du procès à Roanne, j’avais décidé de ne pas me censurer. Je sais bien que ce que je dis n’est pas entendable par la matonnerie ni par la « justice », mais ce n’est pas une raison pour les laisser croire que je suis d’accord et soumise ou repentante. Ce qui est certain c’est qu’on ne sait jamais quelle peine va tomber ( sauf que ce ne sera jamais relaxe et jamais plus de 3 ans) et que ça ne dépend ni du type de défense, ni de la présence de camarades dans la salle, juste de l’humeur du juge. Je comprends très bien que ça soit frustrant d’être spectateur, que ce rôle passif peut même donner l’impression d’être complice des saloperies répressives. Mais moi ça me fait du bien de voir des camarades qui me sourient. D’ailleurs, après coup le baveux m’a « engueulée » que je m’étais trop souvent tournée vers vous, alors que moi j’avais l’impression d’avoir fait bien gaffe à ne pas trop le faire ! La banderole,même si elle n’était guère visible en ville, a été reprise avec une grande photo couleur par le journal local ( qu’on reçoit d’ailleurs gratuitement ici tous les jours, ce qui me permet de faire la page jeux quotidiennement depuis que je suis au QI ou au QD) ce n’était donc pas inutile.

J’ai eu un exemplaire de « Aux marches du palais »avec une dédicace perso de Courtois. Des copains de la CNT d’Avignon l’avaient invité pour un débat sur la taule à l’occasion de la sortie de son bouquin. Effectivement, un procès n’est qu’une mascarade…mais ça me bouffe beaucoup d’énergie à chaque fois, et surtout ça rallonge la peine et offre une aire d’écoute aux pleurnicheries de la matonnerie. Pour autant, je ne veux pas aborder ça avec l’indifférence du « j’ai rien à dire puisque je sais que vous ne m’écouterez pas » et continue à parler dans le vide… ou pour les camarades dans la salle !

Au retour, après le procès, rien n’a changé. L’échéance pour moi était le 4 août, le jour où le JAP devait dire s’il m’accordait ou non la condi demandée lors du débat contradictoire le 7 juillet qui aurait pu « manger » ces 6 mois fermes. J’avais donc décidé de faire profil bas pendant 6 semaines ( de la comparution à la sortie de la GAV le 29 juin au délibéré du JAP le 4 aout) dans l’espoir que ça payerait. Évidement, ce n’était qu’une carotte, et la condi à été refusée pour la 3ème fois !

Donc, dès le 5 août j’ai provoqué une mise en prévention QD ( où, pour une fois, ils n’ont pas joué la violence) pour pouvoir enfin discuter des conditions de vie au QI avec le dirlo ( ce que je demandais dès que ça a commencé à merder, notamment avec la surveillante plaignante Pezeron le 6juin). J’ai pu avoir un entretien avec lui la semaine d’après, alors qu’il m’avait foutu au QD pour 14 jours ( le maximum car il était vexé que j’utilise ce mode d’action). Il a été méprisant et d’une mauvaise foi totale, ça n’a rien reg lé au contraire car les matons se sentent maintenant autorisés à ne même plus faire leur travail ( prendre le courrier à 7h, le distribuer à 17h, répondre au drapeau ou à l’interphone etc.)

Le QI a été prolongé d’encore 3 mois, avec l’accord de la DI et la complicité de l’UCSA ( alors que j’avais plutôt confiance en l’infirmière psy que je vois toutes les semaines pendant 45 minutes, pour sortir un moment du QI et discuter avec une civile hors le la présence des casqués).

L’ambiance est très lourde, ça me tape sur les neurones. J’ai eu un UVF de 24heures avec ma famille, mais dans la minute où ils ont été relayés par les bleus toute la tendresse ressentie durant une journée a disparu illico.

J’ai une quinzaine de CRI en stock,il devrait y avoir un prétoire prochainement où je vais prendre 30 jours de mitard pour épurer ce stock. Le message est clair, on ne te laissera pas respirer tant qu’on ne t’aura pas cassée ! c’est dur à supporter.

Pour l’instant je tiens le coup grâce aux courriers ( nombreux) de mes proches et au tricot,mais aussi à la télé pour me vider la tête. J’ai du mal à me concentrer sur un bouquin ou à étudier avec Auxilia. Je dors un peu moins bien.comme il y a la clim en bâtiment ( où je suis 21h/jour au moins) je ne souffre pas du tout de la canicule. Il y a une autre fille au QI ( le dirlo est un fan de répression), ça va, mais on a pas grand-chose à se raconter. Le dirlo a refusé qu’on soit ensemble dans la salle de muscu alors que ça n’aurait posé aucun problème de sécurité ou d’organisation.

Donc maintenant il n’y a plus, comme activité, que 2 fois 10 minutes de biblio/semaine et 1h de muscu, seule, par semaine. C’est vraiment peu !

Bon voilà les news, pas très réjouissantes. (…)

Je vous souhaite une bonne rentrée sociale, la lutte continue !

 

Extrait d’une lettre envoyée le 10 juillet 2016
….
… « Ils ont donc du te raconter le changement d’ambiance avec l’AP
qui s’est amorcée dès fin mars, quand ils m’ont volé les activités,
malgré l’accueil « on va se faire confiance », moins d’un mois plus
tôt.
Je ne mets pas en doute la sincérité de la directrice ou de l’officier QF,
quand ils l’ont tenu. Mais, comme à Epinal, ils se sont fait dépasser
par les petits chefs frustrés de me voir « traitée comme une
princesse ». Ils sont allés chercher la bagarre. J’ai esquivé le plus
longtemps possible, mais ça ne les a pas empêché de sortir leurs
tenues anti-émeute avec boucliers.
De là, c’est parti complètement en couilles. Après un retour en
« portes fermées », je me suis retrouvée au QI à partir du 20 mai. Les
CRI s’empilaient et le proc a eu les premières plaintes. Vexés que ça
n’aboutisse pas, ils en ont rajouté une couche et le 20 juin, je me suis
retrouvée au mitard pour 30 jours, puis les 27 et 28 en GAV.
Le procès aura lieu le 27 juillet à Roanne, à 14h. Il n’y a pas d’appel à
rassemblement mais j’espère quand même qu’il y aura 2 ou 3 potes
dans la salle, que je n’y voie pas que la tronche des matons en attente
de 13ème mois ou des journaleux locaux (qui valent ceux du « Midi
Libre »).
J’avais un peu d’espoir pour cette 3ème demande de condi, posée dès
mars à Saran. Ici le JAP a bonne réputation, j’ai un dossier en béton et
j’avais confiance en la CPIP. Mais les derniers évènements ont changé
la donne : le JAP est aussi le juge correctionnel, le proc’ y est plus
opposé que jamais, la CPIP a tourné casaque et le rapport de l’AP
(pourtant présenté par la directrice) est défavorable.
J’ai vu le JAP jeudi 7 juillet et il a paru à l’écoute. Mais il a mis le
délibéré le 4 août et je ne me fais pas plus d’illusions, car une nouvelle
peine sera tombée d’ici là.
C’est pourtant évident que ça ne s’arrêtera jamais s’il n’y en a pas un
qui leur coupe l’herbe sous le pied en les privant de la possibilité de
déposer plainte sans arrêt… J’en ai marre !
En ce moment les troupeaux sont en alpage, les gamins en vacances et
mes parents auraient besoin d’un coup de main pour faire les travaux à
la maison. Pourtant je suis là, à glander au mitard, à remplir des
cahiers de mots croisés et à fumer. A quoi ça sert bordel ?
Bien sûr si tu penses utile de mettre des extraits de cette lettre sur le
blog, tu sais comment faire »…

… « Bon voilà, les news pour le moment, pas réjouissantes… J’ai
quand même eu un bon UVF le 4 juin, mais le prochain ne sera qu’en
septembre et il est probable que d’ici là il y ait un nouveau transfert
disciplinaire. Je n’ai pas eu le temps d’entrer en contact avec les filles
ici, même les basques et j’en suis frustrée. Et pour couronner le tout,
ce soir, il semblerait qu’aucune station de radio ne sache parler
d’autre chose que du foot qui m’emmerde !
Allez, je ne vais pas jouer à « Tatie Danièle », moi aussi ! Alors
j’arrête là cette lettre en te souhaitant à toi et à tous les camarades que
tu croiseras un bon été. Profitez-en bien ! Bises ».
Christine ».

EXTRAIT lettre de Christine du 29 mai 2016 :

[…] Bon, comme tu le sais, je suis au QI [Quartier d’Isolement] depuis le 20 mai. L’ambiance dépend beaucoup de l’équipe du jour, surtout du bricard. En effet, ils ont décidé qu’il en fallait un à chaque ouverture, en plus de 2 matonnes. Dans les faits, ça leur arrive d’être 6 ou 7 devant la porte, même s’ils ont remisé leurs tenues de carnaval. J’ai tout de même 2 promenades par jour (et ici le soleil – quand il y en a – atteint la cour) et accès quotidien au téléphone. Le plus par rapport à Saran c’est que je peux discuter avec l’auxi biblio les 2 fois 10 minutes hebdo où j’ai le droit d’y aller. Je peux aussi aller à la salle de muscu 1h les lundis et mercredis (c’est la loi). Les aumônières viennent me rendre visite mais sont dépendantes de la présence inutile d’un chef ( puisque les surveillantes ont les clés du QI et que je n’en ai jamais menacé une d’elles). Comme en bâtiment, j’ai les aiguilles à tricoter alors, tant que j’ai de la laine, je m’occupe bien. J’ai toujours du courrier des potes et de la lecture. Bref, ça va.

Le débat contradictoire avec le directeur était totalement pipé par sa mauvaise foi. Il m’a laissé parler mais n’avait aucune intention de m’écouter. En fait, je me suis instrumentalisée dans une lutte d’influence entre les « humains », « pro-voyoux », symbolisés par la directrice, et les « tenants de l’ordre », « adeptes de la sécurité des agents », avec le directeur à leur tête. On recrée les conditions d’Épinal… L’école a tenté d’instrumentaliser mes co-stagiaires pour m’interdire le stage BD et je me suis retrouvée sans accès à toutes les formations. Un bricard a essayé de faire peur à mes voisines, mais ça a dégonflé et on se parle à la fenêtre à 20h quand ils ont dégagé les lieux (et pendant la promenade pour les plus « courageuses »).

En fait, je ne sais pas trop ce qu’ils ont en tête et ça me met un peu en stress pour la suite. Ça a pas mal fritté entre le 23 avril et le 6 mai puis le 14 mai. Il paraît qu’il y a eu 5 matons qui ont eu des ITT… Mais je n’ai aucune info officielle de CRI ou de dépôts de plainte. Quand ça va bien, je me dis qu’ils m’ont mise au QI pour calmer les « anti-voyoux » en espérant que le JAP [Juge d’application des peines] me fera sortir au plus vite (ce qui leur ferait presque autant plaisir qu’à moi!) et que c’est pour ça qu’ils font traîner la répression. On verra bien… Le JAP étudiera ma demande de condi sur dossier (automatique aux 2 tiers de peine) le 16 juin. Le 7 juillet, on remet ça mais cette fois je serai présente et pourrai lui parler en face à face. J’ai un dossier en béton et ma CPIP a l’air compétente…

EXTRAITS lettre de Christine du 27 mai :

(…) La semaine prochaine, le 4 juin, je verrai ma mère, ma soeur et ma nièce de 10 ans (que je n’ai pas revue depuis ses 6 ans) en UVF, ça va faire du bien ! Je devrais être arrivée à finir le sac en tricot que j’ai commencé ici à temps.

En effet, contrairement aux MA, ils nous laissent avoir les aiguilles à tricoter en cellule. Du coup, je m’y suis mise à fond. C’est chouette car ça occupe bien, surtout quand on est débutante. En plus, on voit le travail avancer, on a l’impression de produire quelque chose, d’être utile.

Je n’ai guère que ça pour m’occuper car depuis une semaine je suis de retour au QI. Le directeur que j’ai vu en débat contradictoire, n’avait rien à faire de mes explications et m’a séparé de mes voisines avec qui je n’ai aucun problème pour m’obliger à ne cotoyer que les bleus dont certains ont une haine tenace à mon égard. Il y a eu une grosse montée en pression du 23/04 au 6/05, puis le WE du 13 au 15/05 ; ça a fritté plusieurs fois et il paraît que certains se sont blessés en me tombant dessus à 4 contre 1 malgré leurs tenues pare-coups… Il y a eu une quantité de CRI rédigés mais aucune enquête n’a eu lieu, aucune GAV, aucune convocation au prétoire. Cette absence d’infos me met un peu en stress. A l’origine, la directrice avait un discours appaisant mais je savais que même si elle était sincère je ne pouvais pas y croire. C’est parti vraiment en couille quand ils m’ont interdit sans raison le stage Bande Dessinée et traitaient mes demandes d’explications avec mépris.

Avant hier, j’ai vu la CPIP [service social], qui m’a paru faire son travail honnètement. Elle m’a confirmé que des matons avaient déposé plainte. Mais, peut être, ont-ils décidé de laisser trainer en me collant au QI « pour leur sécurité » afin que le JAP [ juge d’application des peines] puisse octroyer la condi (qui leur ferait presque aussi plaisir à eux qu’à moi !) ? Il y aura une première étude sur dossier le 16 juin. Elle m’a dit de ne pas trop y croire car la peine d’Evry (1 an de plus) ne serait confirmée que le 13 et risque de ne pas être encore enregistrée. Mais je verrai le JAP en face le 7 juillet et pourrais lui expliquer mon travail au troupeau (avec CDI au SMIG et hébergement) en espérant que ça marche mieux aussi. En effet, il a une bonne réputation auprès des filles. mais encore faut-il qu’il n’y ai pas une GAV ou une comparution immédiate entre temps…

Outre les aiguilles à tricoter en cellule, la différence avec le QI de Saran c’est que le soleil atteint la cour de promenade où je vais 2 fois par jour. Je rencontre aussi l’auxi biblio quand je m’y rends à raison d’ 1/4 h les mardis et jeudis. Bien sur, il y a aussi (ils n’ont pas le choix, c’est la loi) accès à la muscu 2 fois/semaine durant 1 h à chaque fois. Ils ont essayé de mettre la pression sur mes voisines pour qu’elles ne me parlent pas aux fenêtres mais ça n’a pas pris heureusement. Mais comme à Réau et à Vivonne, ils refusent de transmettre le courrier interne. Bon, tout ça pour dire que l’été va être long, mais que je saurai faire face, comme d’habitude.

Je suis en correspondance avec un théatreux parisien qui découvre l’activisme politique avec Nuit Debout. Il participe à une commission « justice et prison » où il a rencontré d’autres personnes que je connais. Il découvre, épaté, que tous les « indignés » ne sont pas abolitionnistes ! moi, ça me semblait évident…Même à l’intérieur on entend des conneries du style « c’est normal que les pédos soient en prison, c’est même trop doux pour eux » ou « je suis bien ici, j’ai peur qu’ils me libèrent trop vite ». Si, si, je t’assure ! Donc, tu as raison, la révolution n’est pas pour demain tant que « les pauvres » préfèreront parler de la retraite d’un footballeur adulé que de la grève générale dans les cours de promenades des taules françaises ou au bas d’immeubles des quartiers pourris (…) Moi, je suis bloquée ici, avec juste la télé pour suivre « les événements » à Rennes ou ailleurs. Du coup, je suis super frustrée car j’aimerai bien pouvoir rentrer dans le lard des casqués sans être en sous-nombre. Alors je fantasme devant les images de camions CRS caillassés et me réjouis des lettres enthousiastes du parigot. (…)

EXTRAIT – mercredi 6 avril 2016 / Centre de Détention de Roanne,

« (…) 8 mois dont 6 en sursis ! C’est étonnant car, à l’issue du procès, j’étais convaincue que le proc’ serait suivi dans son réquisitoire (un an). C’est une bonne nouvelle mais il a encore dix jours pour faire appel…

Suite au procès d’Evry où j’avais pris un an ferme malgré mon silence, confiante en mon avocat, je lui ait dit que je ne me censurerais plus. A Orléans je me suis tellement lâchée que j’ai dit à la cour que ce n’était que des enfermeurs. Du coup, ils m’ont prise pour une folle, se sont beaucoup appuyés sur les deux expertises (d’ailleurs contradictoires!) et ont été « cléments » (4 mois ferme). La grosse différence avec Evry, c’est que les matons n’étaient pas là pour pleurnicher (même s’ils avaient un bon baveux). J’aurais dû être contente de la « légèreté » de cette peine, mais j’étais vexée de la psychiatrisation du débat.

À poitiers il n’y avait pas non plus de matons et leur avocat était totalement sénil, mais le proc était particulièrement intelligent et pervers. Il avait décidé de déconsidérer les quelques camarades qui étaient là avec la banderole « Solidarité avec les prisonniers en lutte contre l’enfermement ». Il était habile et provocateur (…)Il avait lu l’intégralité du tract distribué et a aussi été malhonnête avec l’avocat, lui reprochant même d’avoir donné ses conclusions à l’avance ! Quand je suis sortie de là, j’étais contente d’avoir pu échanger quelques regards avec des potes, contente aussi de ne pas m’être autocensurée et que FR3 ait filmé la banderole, mais je pensais aussi que cette médiatisation allait me coûter cher.

Bref, on ne sait jamais ce qui motive un juge et l’utilisation d’un tribunal comme tribune est bandant, mais sûrement pas efficace en terme de longueur de peine. Ainsi, à Arras, suite aux engueulades à Bapaume, je m’étais lâchée autant qu’à Orléans et j’ai pris un an (dont 6 mois avec sursis).( …) »

Retranscription d’une audition de Compte-Rendu d’Incident (CRI) du 26 avril 2016

Le vendredi 15, alors que j’étais en prévention au QD [Quartier Disciplinaire], j’ai eu une CDD [commission disciplinaire ] parce que la surveillante m’avait interdit l’accès à l’activité BD le 13 à 16h, puis avait dit à son collègue du socio de faire monter la pression par l’usage du mépris à 16h45.

Ce prétoire s’est bien passé. La présidente avait donné son accord explicite pour qu’il y ait, conformément aux recommandations de la DAP [direction de l’admnistration pénitentiaire], 2 promenades par jour au QD [quartier disciplinaire]. Elle ne m’avait pas déclassée [privée] de l’activité à titre disciplinaire et m’avait dit que je pourrais aller à la BD dès le mardi 19 à 9h «  si les intervenants estimaient que le retard pouvait être comblé ». Le soir-même, je lui ai fait un courrier positif sur ces prises de position et disant que j’espérais que ce prétoire serait le point de départ d’une détention sans mépris.

Mais dès le lendemain, et jusqu’à la fin de la sanction, il n’y a eu plus qu’une promenade quotidienne. Mais surtout, le 18 après-midi, j’ai appris que je ne pourrais pas aller à la BD. J’ai aussitôt fait un mot aux intervenants pour leur expliquer la situation et leur demander de prendre une position claire. Le lendemain, j’ai demandé calmement à parler à l’officier QF avant 9h. Mais il a campé sur sa position injuste et contre-productive, me parlant d’un mail de l’institutrice et de la « peur » de mes co-stagiaires. Cette attitude, que j’ai subi à Epinal, est ignoble. En effet, je n’ai jamais mal parlé à ces personnes !

J’ai demandé à la surveillante activités si mon mot avait été remis aux intervenants et elle m’a dit l’avoir donné à l’institutrice. J’ai alors essayé de faire passer un message par L (qui elle non plus n’était pas allée au stage lundi matin pour cause de travail aux ateliers), mais la surveillante l’a aussitôt menacée. J’ai fait un mot à la direction par la borne. J’ai encore essayé de rentrer en contact avec les intervenants le mardi après-midi (à l’occasion de la messe en socio) et le mercredi (de passage vers l’UCSA [médical]). A chaque fois j’étais calme mais je me heurtais à votre mépris. J’ai pris sur moi et laissé courir en me laissant à nouveau prendre au piège de votre discours d’apaisement, en pensant à mes parents et en espérant pouvoir aller à la formation horticulture cet été.

Aujourd’hui, je suis descendue en promenade à 14h. J’ai bien dit au bricard [gradé] qui était là que j’aurais RDV avec le RLE à 14h30 et que ça ne devait pas m’empêcher de sortir, il n’a pas réfuté. J’ai donc vu le responsable RLE dans l’aile socio du lot C à 14h30. Je ne suis pas arrivée à rester calme car il se moquait de moi. Ainsi, alors que j’avais demandé des renseignements sur l’activité journal il y a un mois et que j’avais eu une réponse disant que ça commençait le 4 mai, il m’a dit seulement maintenant que l’AP faisait la censure et que les textes interdits n’étaient même pas laissés en blanc. Il ne m’a pas apporté d’informations sur les cours pour lesquels j’avais fait un mot il y a un mois, mais me parlait du DAEU dont je n’ai rien à faire. Il m’a aussi parlé d’Auxilia alors que je travaille avec cette association depuis 3 ans et en connais mieux le fonctionnement que lui. Après ce préambule irritant, il voulait parler de ma dernière expérience avortée avec le RIE. J’espérais enfin avoir des réponses à mes courriers et pouvoir avoir une discussion franche. Mais tout ce qu’il voulait c’était faire une leçon de morale comme si je rentrais au CP [centre pénitentiaire], énonçant des règles idiotes (« ne vous énervez pas, faites des mots, ayez confiance en la surveillante activités »). Or, comme je viens de l’expliquer, des mots, j’en avais fait plein et aucun n’a abouti ! Il était au courant que j’avais bien travaillé le mardi 12, mais pas au courant du mot remis le 19 à sa collègue, ni de la délation de celle-ci. Mon énervement est monté en flèche et j’ai crié. Mais à aucun moment je ne l’ai menacé ou ai eu de gestes brusques. Mais 2 surveillantes et un bricard sont arrivés en courant. J’ai fini ce que j’avais à lui dire, lui montrant, en me mettant à plat ventre sur le sol, mains jointes dans le dos, ce qui se passait s’il laissait faire des paranoïaques violents en uniformes. Puis je suis sortie de la salle pour retourner prendre l’air en promenade et me calmer.

Mais avant même d’être arrivée à la grille du sas avec le portique détecteur de métaux, le bricard m’a interdit la promenade dont j’avais besoin. C’était mon créneau et je l’en avais averti au préalable. Il voulait m’enfermer en cellule au C1, ce qui aurait été nocif. Je lui ai dit, j’ai même ajouté « aie un peu de respect pour mes voisines ! ». Mais il voulait faire preuve d’autoritarisme. Je lui ai alors dit que je voulais bien aller à la promenade QD (où j’aurais été seule durant 45 min pour me calmer avant de remonter cuisiner le goûter prévu à l’aile gauche). Il m’a dit que je faisais un blocage, ce qui était totalement faux : je voulais juste prendre l’air. Puis il m’a dit de me mettre face au mur pour qu’il me menotte. J’ai refusé, économisant mes épaules qu’il avait abîmées sans raison le 12. En effet, l’usage des menottes est illégal : je ne pouvais pas m’évader et ne menaçais personne ! Au final, il m’a saisie par le bras et je me suis laissée faire (en contradiction avec mes engagements) pour le mener au QD. Là, il m’a lâchée devant la cellule où je suis rentrée. Comme le 12, il a ordonné une fouille à nu illégale (j’en avais parlé au prétoire du 15). Les surveillantes ont calmé le jeu en acceptant que je prenne une douche dont j’avais besoin pour me calmer et dont elles avaient besoin pour que je me déshabille.

Je demande l’assistance de [mon avocat] pour la CDDD ou d’un commis d’office s’il n’est pas disponible.

Je demande que soit ajouté au dossier le mot que j’avais fait à la direction le 15 au soir, celui aux intervenants fait le 18 au soir, celui fait à la direction via la borne le 17 au matin, celui volé à L le 19 à 14h, l’inscription à l’école faite le 26/03 et l’attestation d’inscription à la BD ainsi que la décision de la CDD du 15 ne portant pas annulation de cette activité.

Ribailly le 26/04 à 17h30

PS : Alors qu’il me tenait, le bricard a dit « Vous n’êtes pas adaptée à la vie en CD », je suis bien d’accord : je suis bergère, pas taularde !